Paray-le-Frésil
Paray le Frésil est une commune typique de la Sologne Bourbonnaise, parsemée de bois et de plus de 30 étangs, faisant partie du canton de Chevagnes et située à environ 25 kilomètres du chef lieu du département de l’Allier, Moulins. D’une superficie de 3730 hectares, ces habitants s’appellent les Paraysiens.
Deux origines latines peuvent expliquer le nom de ce village. "Paredus Frederici", les murailles de Frédéric ou "Paredus Fraeri", les murailles des Frères ou des moines.
L’histoire du village est intimement liée à son importante seigneurie et, plus tard, à la famille de Tracy ayant donné des hommes qui se sont distingués dans les siècles passés.
L’église date de 1878. Elle a remplacé l’ancien sanctuaire qui avait pourtant été réparé au 18ème siècle. Elle est construite en brique, qui est un matériau local. Bien que baptisée église Saint-Didier, les habitants lui ont préféré Saint-Marc, patron des troupeaux, qui faisait encore récemment l’objet d’une vénération particulière dans le village. On peut voir sa statue dans l’église.
Dans l’ancien cimetière, près de cette église, subsiste la sépulture de Victor de Tracy et de sa seconde épouse Sarah Newton.
Le château peut être considéré comme représentatif d’une architecture propre à la Sologne Bourbonnaise, avec ses losanges de briques appareillées et ses proportions harmonieuses. Il a été construit pour un ancien orfèvre de Moulins, Charles Popillon, devenu grand argentier à la cour des ducs de Bourbon. Il appartient à la même famille depuis 1640. Deux de ses membres se sont illustrés aux 18ème et au 19ème siècles. Antoine Destutt de Tracy fut membre d’une école philosophique des lumières ayant pour objectif principal d’établir, par la voie de l’enseignement, une société républicaine. Cet homme éclairé, très en avance sur son temps et sur son milieu, fut député et sénateur sous l’Empire. Son fils Victor fut député de l’Allier puis ministre de la marine en 1848. Ami de Victor Schoelcher, il milita pour l’abolition de l’esclavage. Il a publié des traités d’agronomie et est à l’origine de l’amélioration et de la transformation radicale des terres de la Sologne Bourbonnaise par le drainage et le chaulage.
L’écrivain Georges Simenon a séjourné au château lorsqu’il était secrétaire du marquis de Tracy. Il s’est inspiré de ce cadre magnifique pour écrire "L’affaire Saint-Fiacre".